Tracklisting :
01-Oh My Love
02-Swept Back
03-Fool
04-Desert Song No.2
05-Darkness (Another Shade In Your Black)
06-If A Change Is Gonna Come
07-Swore To Myself
08-Holidays Are Nice
09-I Left You
10-Another Trauma
Voir aussi :
page Sophia
Sites :
Sophia site officiel
Sophia non officiel
Labels
City Slang
Sophia
People are like seasons
City Slang/Labels
2004
L’arrivée de Sophia dans nos vies correspond avec la parution du premier numéro d’Attica, dans sa version papier. C’était en 1997. Il y eu d’abord Fixed Water, le premier album paru fin 96, puis ce concert à la Péniche 6/8. Une rencontre rare, quasi culte, dont doit se souvenir encore ardemment le modeste public – essentiellement composé de journalistes et d’une poignée de fans de The God Machine - présent ce soir-là.
Robin Proper-Sheppard avait écrit Fixed Water en réaction à la disparition prématurée de Jimmy Fernandez, son ami et bassiste de The God Machine. Fixed Water était une sorte de miracle. Robin Proper-Sheppard aurait pu abandonner la musique, du moins aurait-il pu renoncer à en enregistrer. Ce ne fut pas le cas. Le douloureux Fixed Water fut une catharsis pour son auteur. Un uppercut émotionnel pour ses auditeurs. Presque gênés aux entournures face à l’impudeur des sentiments exprimés sans fard par un musicien rongé par la perte de son ami. Fixed Water est un grand disque. Qui peut remuer encore les heures creuses et sombres de nos vaines existences.
Nous nous sommes précipités autant de fois que cela a été possible vers les scènes qui ont accueilli le musicien. Il y eu bien sûr ce concert merveilleux dans cette péniche aujourd’hui oubliée. Puis le passage au Café de la Danse en première partie d’un autre groupe légèrement dépressif, Chokebore. La prestation du groupe fut perturbée par les sifflements intempestifs et irrespectueux d’un percolateur. Et, enfin, une visite un peu en demie teinte aux Rockomotives vendômoises.
Il y eu un successeur inespéré à Fixed Water, The infinite circle, disque habité des mêmes souffrances. A chaque fois, Sophia passe quasiment inaperçu. Les médias ignorent souvent ce qui n’arrive pas automatiquement dans leur boîtes aux lettres. Distribution confidentielle. The Flower Shop recordings, propre label du musicien américain, assure l’essentiel, avec les moyens du bord. Mais les fans que nous sommes restèrent groupés. Toujours à l’affût de la plus petite bonne nouvelle. En espérant que Robin aille mieux, tout en sachant que le moindre faisceau de vie heureuse pouvait entraîner la fin de l’aventure discographique.
D’ailleurs, il nous faudra attendre un lustre après la sortie du second opus pour voir ressurgir Robin Proper-Sheppard, à travers un témoignage sonore de sa venue au festival amsterdamois De Nachten.
Pourtant ce disque est sorti en 2001. En catimini. A l’insu de notre plein gré. Jusqu’au moment où le curseur de notre machine eut un (dé)clic bienheureux. De Nachten affirme la présence subtile de Robin Proper-Sheppard, dont le chant lancinant et poignant est accompagné par un délicat quatuor à cordes.
Sur ce live de l’entre deux, on trouve un titre sublime, I left you, tout juste à côté d’une reprise de Jealous guy. Ce titre possède désormais sa version studio sur le quatrième trésor de Robin Proper-Sheppard : People are like seasons.
Là encore, Robin Proper-Sheppard nous prend par surprise. Il arrive au moment où on ne l’attend plus, avec un disque bénéficiant d’une distribution plus ambitieuse. Grâce à City Slang qui héberge désormais l’artiste et grâce à Labels, qui, par ricochet, édite cette nouvelle œuvre. Un peu plus de lumière, enfin, sur le travail d’un artiste à fleur de peau, mais jamais à bout de nerf. Ce People are like seasons, disque plus apaisé, débute avec un Oh My Love inhabituellement pop, qui devrait aussi électrisé les foules. Oh My Love est presque un leurre.   Puisque le disque est finalement aussi âpre que les précédents. Puisque les guitares dissonantes, celles laissées de côté depuis la fin prématurée de The God Machine, refont leur apparition notamment sur Darkness (un titre que n’aurait sans doute pas renié Trent Reznor) et If a change is gonna come. Puis tout redevient comme sur Fixed Water et The infinite Circle, mais un tout moins dépouillé (les cordes ici et là y sont pour beaucoup) et moins éprouvant pour l’auditeur, excepté le très beau I Left You. De plus Robin Proper-Sheppard sourit presque à l’évocation d’un Holidays are nice à rebrousse poil. En attendant le prochain traumatisme…
anakin (20.01.04)
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