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| Sophia |
| People
are like seasons |
| City
Slang/Labels |
| 2004 |
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Larrivée
de Sophia dans
nos vies correspond avec la
parution du premier numéro
dAttica,
dans sa version papier.
Cétait en 1997. Il y eu
dabord Fixed Water,
le premier album paru fin 96,
puis ce concert à la Péniche
6/8. Une rencontre rare, quasi
culte, dont doit se souvenir
encore ardemment le modeste
public essentiellement
composé de journalistes et
dune poignée de fans de The
God Machine - présent
ce soir-là.
Robin Proper-Sheppard avait écrit Fixed Water en réaction à la disparition
prématurée de Jimmy
Fernandez, son ami et
bassiste de The God Machine. Fixed
Water était une sorte de
miracle. Robin Proper-Sheppard
aurait pu abandonner la musique,
du moins aurait-il pu renoncer à en enregistrer. Ce ne fut pas le
cas. Le douloureux Fixed Water fut une catharsis pour son
auteur. Un uppercut émotionnel
pour ses auditeurs. Presque
gênés aux entournures face à
limpudeur des sentiments
exprimés sans fard par un
musicien rongé par la perte de
son ami. Fixed Water est
un grand disque. Qui peut remuer
encore les heures creuses et
sombres de nos vaines existences.
Nous nous sommes précipités
autant de fois que cela a été
possible vers les scènes qui ont
accueilli le musicien. Il y eu
bien sûr ce concert merveilleux
dans cette péniche
aujourdhui oubliée. Puis
le passage au Café de la Danse
en première partie dun
autre groupe légèrement
dépressif, Chokebore. La
prestation du groupe fut
perturbée par les sifflements
intempestifs et irrespectueux
dun percolateur. Et, enfin,
une visite un peu en demie teinte
aux Rockomotives vendômoises.
Il y eu un successeur inespéré à Fixed Water, The
infinite circle, disque
habité des mêmes souffrances. A
chaque fois, Sophia passe
quasiment inaperçu. Les médias
ignorent souvent ce qui
narrive pas automatiquement
dans leur boîtes aux lettres.
Distribution confidentielle. The
Flower Shop recordings, propre
label du musicien américain,
assure lessentiel, avec les
moyens du bord. Mais les fans que
nous sommes restèrent groupés.
Toujours à laffût de la
plus petite bonne nouvelle. En
espérant que Robin aille mieux,
tout en sachant que le moindre
faisceau de vie heureuse pouvait
entraîner la fin de
laventure discographique.
Dailleurs, il nous faudra
attendre un lustre après la
sortie du second opus pour voir
ressurgir Robin Proper-Sheppard,
à travers un témoignage sonore
de sa venue au festival
amsterdamois De Nachten.
Pourtant ce disque est sorti en
2001. En catimini. A linsu
de notre plein gré.
Jusquau moment où le
curseur de notre machine eut un
(dé)clic bienheureux. De
Nachten affirme la présence
subtile de Robin Proper-Sheppard,
dont le chant lancinant et
poignant est accompagné par un
délicat quatuor à cordes.
Sur ce live de lentre deux,
on trouve un titre sublime, I
left you, tout juste à
côté dune reprise de Jealous
guy. Ce titre possède
désormais sa version studio sur
le quatrième trésor de Robin
Proper-Sheppard : People
are like seasons.
Là encore, Robin Proper-Sheppard
nous prend par surprise. Il
arrive au moment où on ne
lattend plus, avec un
disque bénéficiant dune
distribution plus ambitieuse.
Grâce à City Slang qui héberge
désormais lartiste et
grâce à Labels, qui, par
ricochet, édite cette nouvelle
uvre. Un peu plus de
lumière, enfin, sur le travail
dun artiste à fleur de
peau, mais jamais à bout de
nerf. Ce People are like
seasons, disque plus apaisé,
débute avec un Oh My Love inhabituellement pop, qui devrait
aussi électrisé les foules. Oh
My Love est presque un
leurre. Puisque le disque
est finalement aussi âpre que
les précédents. Puisque les
guitares dissonantes, celles
laissées de côté depuis la fin
prématurée de The God Machine,
refont leur apparition notamment
sur Darkness (un titre que
naurait sans doute pas
renié Trent Reznor) et If a
change is gonna come. Puis
tout redevient comme sur Fixed
Water et The infinite
Circle, mais un tout moins
dépouillé (les cordes ici et
là y sont pour beaucoup) et
moins éprouvant pour
lauditeur, excepté le
très beau I Left You. De
plus Robin Proper-Sheppard sourit
presque à lévocation
dun Holidays are nice à rebrousse poil. En attendant
le prochain traumatisme
anakin (20.01.04) |
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