Ça
faisait un bail que je
lavais perdue de vue cette
dame. Au début des années 90
elle menait Come avec Chris
Brockaw. Le groupe donnait
dans un rock très sombre et
électrique, avec une lourdeur
qui les caractérisait vraiment.
Il y avait aussi cette façon
demprunter au blues ses
sonorités et ses structures.
Quatre albums plus tard, Come arrêta les frais. Chris Brockaw
a participé à de nombreux
projets dont lexcellent Pullmann (il a aussi participé, entre
autres, au très bon album solo
dEvan Dando). Thalia
Zedek a, quant à elle, sorti
un premier album puis un EP dans
une très très grande
confidentialité. Ce deuxième
album reprend les mêmes
ambiances noires de Come, les
mêmes cassures rythmiques, les
mêmes fêlures, serait-on tenté
de dire. On na pas affaire
à de la pop légère
assurément. Thalia vide ses
tripes au long des chansons sans
que la tension ne faiblisse. Sailor est
un morceau énorme : noir et
puissant à souhait, mené par un
batteur inventif qui fait vivre
le morceau presque tout seul. Une
batterie brute, brutale comme
Steve Albini sait les faire
sonner (ça nest pourtant
pas lui qui sen est
chargé). Seul Virginia avec
sa rythmique acoustique se
distingue par sa clarté dans cet
univers délectricité
tendue. Un bon album dans
lensemble dautant
plus attachant quil montre
la ténacité de lartiste
qui continue sur la voie
quelle avait commencé à
débroussailler avec Come. DC
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