Qui l'eut (toute) cru ? Jil
et Jay à nouveau réunis. Pour le meilleur. Un disque de
chansons. Jil Caplan et Jay Alanski, duo composite et
subtil formé au crépuscule des années 80, dont la
collaboration fusionnelle avait donné vie à trois
albums entre 1987 et 1993. la revoilà donc la paire
ombrageuse qui avait su il y a quatre lustres apporter du
sens, de la nuance et de la profondeur à un Top 50
souvent très criard et vulgaire.
Les liens de ces deux âmes fortes se distendirent par la
suite. Jil continua à créer sur ses rivages, alors que
Jay, lui, donna un peu de sa pureté à l'électronique
d'ici en créant A Reminiscent Drive. Il aura fallu du
temps et la malice des hasards de la vie pour que ces deux
amis se retrouvent et remettent en commun leur talent inspiré.
Comme nous n'étions pas Derrière
la porte du studio pour capter
quelques instants de ces rendez-vous artistiques, nous
avons demandé à Jil de nous en décrire les contours.
Alors, comme vous piaffez d'impatience, petits geais
alanguis, nous vous laissons en sa compagnie. Ne soyez
pas surpris si une biche se penche discrètement pour
lire par dessus votre épaule…
[juin 2007
- photo : F Barrau].
Il
s’est passé trois années depuis la sortie de ton
album précédent. Quelle a été ta vie d’artiste
pendant cette période ? Jil Caplan : Des doutes et des doutes! du travail
aussi, mais dans la vidéo. Je pensais que peut-être, je
n'avais plus rien à dire.... une drôle de période.
Rien à dire dans la musique. Je me sentais un peu seule,
isolée.
Quel a été le déclic alors ? Quand j'ai revu Jay Alansky, par un hasard de
circonstances. Je suis allée chez lui (ça faisait 10
ans quand que nous n'avions quasiment plus de contact,
juste des petits mots pour la nouvelle année) on a bu un
thé et on a discuté 5h durant !
Cela vous a paru évident tout de suite ce retour à
la création ensemble ? Pas du tout. A la fin de la discussion, il m'a dit
"mais tu n'as pas un bout de texte à me laisser ?
On ne sait jamais, si ça marchait ! Alors je lui ai
laissé 4 phrases, les 4 premières phrases des
"toutes petites choses" que j'avais en tête
depuis des mois, mais sans rien d'autre. Le lendemain, il
m'appelait pour que j'écoute une idée de chanson. La
machine s'est relancée tout de suite, une magie intacte
grâce à la musique entre nous.
Pour quelles raisons
aviez-vous mis autant de distance entre vous 2 ? Je ne sais pas... La vie qui passe.... Des projets
différents.....Comme si on avait fait le tour pendant
ces 3 premiers albums ensemble. On est passé à autre
chose. ça n'a pas été très facile pour moi ça ce
moment (ndlr : en 1994). Je n'avais que des
expériences de disques, de concerts avec lui. Ça a
été mon passage à l'âge adulte, ça m'a fait mûrir
sur ce que je voulais faire et comment je voulais le
faire. Finalement cela a été bénéfique.
As-tu suivi de près son travail quand il officiait
dans A Reminiscent Drive ? Oui quand même! J'ai toujours été gourmande de son
travail.... Je trouvais ça vraiment bien, intéressant,
très musical, original. Il avait besoin de ça, de ce
travail seul.
Sais-tu si lui restait attentif à ce que tu
devenais ?
Oui il le restait. Bien sûr. mais de loin; avec son point
de vue sur moi, il me connaît très bien !!
Quelles ont été tes autres activités artistiques
pendant cette pause ? J'ai filmé beaucoup. J'ai toujours adoré les
images, leur contenu. J'ai réalisé un film de 50
minutes pour les Lilicub, un clip pour un projet
underground que j'ai fait en 2002, Gueule d'amour.
Je filme, je monte ensuite chez moi sur Final Cut. J'ai
aussi écrit des papiers dans une revue de cinéma
indépendante Brazil.
J'ai sorti 2 albums chez Warner : Toute crue
avec Jipé Nataf et Comme elle vient avec
Jean-Christophe Urbain, qui était le poumon gauche des
Innocents (Jipé étant le poumon droit). J'ai aussi
voyagé, fait des concerts au Kenya, au Vietnam, etc.
Bref, je me suis agitée!
Ton amour pour l'image et le cinéma a toujours été
là ? Ah oui! Et c'est tellement plus facile de faire des
choses par soi-même maintenant. L'essentiel est d'avoir
de l'imaginaire, des fantasmes. Sinon, cette facilité ne
sert à rien.
Qu'écrivais-tu pour Brasil ? Pour Brazil j'écrivais des chroniques, mais
aussi des longs papiers. Notamment un article sur le film
Frida, comme j'adore Frida Kahlo depuis
très longtemps, et que je connais bien sa vie. J'avais
donc écrit un long article sur elle, sur le film, en
rencontrant la réalisatrice. J'ai aussi rencontré Ken
Loach pour Sweet Sixteen, et Anthony
Hopkins pour Dragon Rouge.
A tes début avais-tu déjà cette envie de maîtriser
l'image, la tienne en particulier ? Je savais à peine qui j'étais, comment allait s'inscrire ma vie. J'étais une porte ouverte, une page
blanche. J’avais deux passions, la musique et le
ciné. Et l'écriture aussi ! Mais il m' a fallu
plus de temps pour un peu la maîtriser. Au début
tout parait simple et facile, puis on réfléchit et on
s'aperçoit que ce n'est pas si facile. Puis le temps
passe encore, et on voit que c'est en fait un gros
chantier, un travail terrible de sortir les choses de
soi, de les ordonner, de les exprimer avec personnalité.
d'aller plus loin, quoi ! Mais si on renonce, rien
ne se passe!
Tu as ouvert ton blog avec une note sur un événement
qui s’est passé sur une petite départementale.
Quel a été le déclic qui a permis l’existence de
cet espace très personnel ? J'écrivais l'album qu'on vient de finir avec Jay. J'avais soif d'écrire.... Je venais de terminer un petit
livre, et le format des chansons est très strict. Ecrire
ce blog est une petite liberté, un espace rapide et
instantané. Parfois, je m'interdisais d'écrire certains
trucs pour le garder pour mes chansons, ça m' aidait.
L'écriture se nourrit de l'écriture. Mais le blog est
un piège aussi. en fait, j'avais écrit quelques notes
auparavant, je l'ai commencé en mai 2006, juste au
moment ou j'ai retrouvé Jay…
Le format de tes notes est assez proche de celui des
chansons... Oui parce que j'essaye d'aller à l'essentiel, cela
dit, il y a des notes très longues et d'autres très
courtes, et il n'y a aucune règle de versification ou de
nombre de pieds à respecter, alors que dans une chanson,
c'est essentiel. Ce blog, c'est de l'écriture plus
libre, j’essaye de ne pas trop me censurer. Mais le
piège c'est que je publie les notes très vite, jamais
plus de 15 minutes pour écrire une note, et je trouve
que parfois, ça manque de travail. Je pourrais aller
plus loin, être plus précise, mieux écrire. Chose que
je m'efforce de faire dans les chansons, certaines sont
travaillées au petit poil !! Une chanson, ça reste, ça
s'écoute, alors que le blog est un instantané. Je peux
l'effacer en un clic si je veux ! Pas une chanson....Elle
reste gravée, indépendamment de moi.
As-tu voulu tout de suite le publier sous ta propre
identité ? Au début c'est ce que j'ai fait, parce que je ne
savais pas quelle tournure ça allait prendre. Je pensais
faire une sorte de journal de bord professionnel, puis
très vite je me suis aperçue que ce n'était pas du tout ça
que je voulais faire ! Le livre de textes que j'ai écrit
est sous cette forme, et c'est revenu naturellement. Et
je voulais que ce soit sans masque, d'ou le nom
"toute crue" Puis j'ai enlevé mon nom, je
trouvais ça mieux pour moi que ce soit anonyme. En même
temps, tous les gens qui viennent le lire savent qui je
suis, c'est marrant. mais comme je ne l'affiche pas,
j'oblige à l'anonymat.
Quels retours as-tu sur ce travail bloguesque ? Des bons retours. les gens sont surpris en général,
c'est une facette qu'ils ignoraient. Tout ce que je
souhaite, c'est que ce soit bien écrit, et qu'il y ait
une forme de violence, d'exacerbation des sentiments.
j'aime bien quand c'est en dessous ou au dessus de la
vérité. La vérité n'est pas toujours aussi
dramatique! Mais elle est en toile de fond, toujours.
Le premier morceau de ce nouvel opus que tu offres sur
ta page Myspace s'appelle de Toutes petites
choses. Est-ce le premier single ? Oui! première chanson écrite, première du disque,
premier single. Si on avait su ça quand on
l'enregistrait !!
Comment est reçu ce premier titre par les internautes
qui viennent sur ta page myspace ? Eh bien ce qui me touche particulièrement, c'est que
les gens ressentent la fragilité et en même temps un
certain émerveillement des choses. Les internautes me
renvoient quelque chose de très positif, très "sur
le fil"
La réactivité sur le net est telle que Toutes petites
choses a déjà donné de l’inspiration à des
blogueurs. Comment vis-tu cette proximité ? Ah bon ??? Je savais pas. En fait, ce flux
d'inspiration a toujours existé mais il était invisible
avant. C'est beau d’inspirer des choses, des
émotions , des réflexions aux gens.
En combien de temps avez-vous enregistré cet album,
toi et Jay ? L’écriture et la composition ont été
réalisées en un mois et demi. Cela s'est fait très
vite, les chansons venaient quasiment quotidiennement, ou
tous les 2 jours. On enregistrait vite fait une base. On
essayait les paroles, la voix, les tonalités et après
on peaufinait le tout. C'était très fluide, on était
très inspirés, heureux de faire ça ensemble.
La pochette est un autoportrait. Il y aura-t-il une
vidéo pour accompagner le single ? Si oui, vas-tu la
réaliser ? Je ne sais pas. J'aurais certainement des idées,
d'ailleurs j'en ai déjà.... Mais réaliser....
Coréaliser peut -être, je n'aime pas laisser le bébé
tout seul ! Comme le livret de l'album, je l'ai fait
entièrement chez moi, avec Photoshop. Puis je donnais le
tout au graphiste pour paramétrer le tout. J'aime faire
tout ça, pour moi c'est un une même énergie.
Finalement tu as démarché les maisons de disque avec
"un produit" fini... Quasi fini. on n'avait pas mixé, juste des bonnes
mises à plat. Mais tout était là...
As-tu démarché beaucoup de labels ? Quelques-uns. Pas tous.... Je suis allée voir les
gens avec qui j'avais envie de travailler en priorité et
comme par hasard, ce sont eux qui ont le mieux réagi !
Ensuite , il y a la part de chance, de concordance.
C'est Odéon qui a le mieux réagi à l'écoute de
ton projet ?
Oui, Hervé Defranoux d'Odéon a beaucoup
aimé tout de suite les chansons. Une personne de Capitol
aussi a été très présente. Après, ça a été très
vite.
As-tu envisagé de produire le disque en totale
indépendance ? Mais c'est ce qu'on a fait à l'arrivée ! Et au
départ aussi. Les gens d'EMI aimaient
le projet tel qu'il était, ils nous ont fait confiance,
on a tout fait en indépendants.
Est-ce facile de garder le contact avec l'industrie de
la musique quand on en est un peu éloigné ? Oh oui! tous mes amis sont dans la musiques.... Ce
qui est dur en fait, c'est de garder ce fil toujours
activé, d'être "dedans " et
"dehors". Ça fait un peu mal parfois. On se
sent seul, quoi.
Quel est le thème prédominant de ce nouvel album ? La solitude. C'est quelque chose qui m'a frappé ces
derniers temps, à quel point les gens ont besoin
d'amour, et à quel point ils sont seuls finalement.
L'indifférence crasse des humains entre eux, l'égoïsme
qu'on a tous en nous, et la fragilité dans laquelle on
est plongé. C'est peut-être parce que je vieillis que
je sens ça plus qu'avant
Finalement, dont le texte et la musique ont été
écrits par Jay Alanski, est superbe. Ces titres,
justement, ont-ils été écrits et composés après vos retrouvailles ou Jay les avait
déjà dans un coin ?
Non, on avait aucun stock. De toute façon, je n'aurais
pas apprécié le stock!! Pour Finalement cela s’est
passé comme ça : je suis arrivée un jour dans son
studio, la musique me parvenait du couloir, et j'adorais
déjà la mélodie. Il était en train de l'écrire..
Il l'écrivait pour cet album ?
je pense que oui
Peux-tu me dire 2 ou 3 choses sur Chez moi, sur
la façon dont vous avez enregistré ce morceau, comment
l'idée de le faire comme ça, simplement a capella et
avec des claps vous est venue...?
Au départ, c'était le nom de code de l'album,
"chez moi". et puis j'ai écrit le texte, en me
disant c'est dommage que le titre ne soit pas une
chanson. J'ai donc écrit "chez moi...."
Jay avait composé une super musique dessus, mais assez
compliquée niveau rythme, donc on l'a évincée. Puis,
on a trouvé un peu con de virer cette chanson qu'on
aimait tous les deux. Alors, on a eu l'idée de garder
juste la mélodie et de faire des claps, des bruits de
pieds, des petits rythmes simples; on l'a enregistré en
45 minutes! J'avais pensé mettre des tas de petits
bruits domestiques, le plancher qui grince, les éboueurs
qui passent, mais mon micro est tombée en panne, alors
on l'a laissé comme ça.
Vous étiez dans quel état d'esprit quand vous
avez enregistré cet album ?
On était porté.... Je rentrais chez moi, la nuit
tombait et j'écrivais des textes. Jay composait très
vite, le lendemain si le texte lui plaisait, on essayait,
on couchait les bases…
Vous échangiez tous les 2 sur vos textes, vous
vous donniez des pistes ?
Non aucune piste. C'était très libre, aucune idée
préconçue. C’était très libre, ça venait comme
ça venait, on laissait faire, mais on était très
excités de cette inspiration
Mais les textes qu'il a écrits ne naissaient-ils
pas de vos discussions, de votre histoire commune ?
Pas de notre histoire commune, non; on discutait
énormément, et bien sur que ça nourrit les chansons.
Quand je rentrais chez moi, je laissais remonter tous ces
mots, ces sensations à la surface.... comme un noyé;
De drôle de mots ! l'une des chansons les plus
sombres est Un âne sur la route,
à quel moment de ta vie as-tu écrit ce texte ?
C'était en juin dernier; j'étais seule chez moi, je
m'étais endormie sur mon canapé. je me réveille à
1h30 du matin, et soudain, je pense "je pourrais
crever, tout le monde s'en fout, personne ne le
saurait". Je sors mon chien, la nuit est douce, et
j'enjambe un sdf en bas de chez moi, et je me dis
"pour lui c'est pire". Je remonte et j'écris
"un âne sur la route". Voilà.
Comment
as-tu conçu le livret ? En pensant à quoi ?
Toutes ces photos, on dirait les fragments de ta
vie…
C'est ça! Ce ne sont que des photos personnelles, de
vacances, des souvenirs... J'en avais marre des livrets
"gravure de mode". Je voulais un genre de grand
collage, très coloré
Au-delà des mots, tu livres une partie de ton
intimité avec toutes les photos sur ton livret…
Je voulais raconter une petite histoire avec toutes ces
photos. Oui c'est vrai, c'est ce qu'il y a derrière ma
porte. Il y a la pochette très dépouillée et quand on
ouvre le livret, c'est coloré, foisonnant
Et les animaux ? Je voulais des
animaux aussi , pour le tendre que l’on ressent
grâce à eux. J'aime que ces photos soient prises au
premier degré, aucun ironie! On a envie de les embrasser
ces animaux. le mouton, le caneton.... Ils sont
désarmés, comme nous parfois
Finalement il y a pas mal d'espoir avec au milieu
du livret cette biche qui donne l'impression de te
protéger et ce petit mantra : quelque chose va venir,
quelque chose vient toujours...
Mais je trouve que ce disque n'est pas noir. il y a "à la fenêtre" qui est pleine
d'espoir.... et "tout l'azur du monde "aussi ,
qui est finalement plus émotive et positive que
sombre. Le mantra est un mantra que l'on doit se dire aux
heures les plus difficiles
Suis-tu particulièrement ce qu'il se passe sur la
scène française ? Oui, je regarde, j'écoute, mais peu de choses me
plaisent en fait. je trouve que ça manque de corps, de
sang, d'âme, à part Camille qui déborde, qu'on
aime ou pas son travail d'ailleurs. Mais elle existe
fort. je trouve ça bien. J'aime aussi la chanson d'Emily
Loizeau,L'autre bout du monde.
J’aime la voix atypique de Franck Monnet, Jipé Nataf bien sur !! Et la chansonVivre à même
l'amour de Ben Ricour.
Qu'est-ce qui a profondément changé dans la façon
de faire de la musique, de la défendre, depuis tes
débuts ? Sans doute qu'avant, je voulais "exister";
maintenant, je souhaite plus "exprimer".
C'est très proche, mais j'ai conscience qu'il faut
se développer, se travailler, comme un vase d'argile,
pour donner une forme, une grâce. Parfois, on y arrive,
parfois non ?!
Envisages-tu de faire de la scène ? Oui dans un premier temps, ce seront des petites
prestations avec un ou deux musiciens, ce sera un album
difficile à rendre sur scène car assez produit, avec
des couches de sons, un peu comme un mille feuilles!
C'est la deuxième partie du travail, trouver comment et
avec qui, pour restituer les sensations qu'on a voulu
mettre dans le disque. C'est moins créatif , plus
sanguin, la scène.... A moins de faire du rock
progressif, ce qui n'est pas mon cas !!
Quel rapport as-tu avec les programmes de
télévision qui essaient de fabriquer des chanteurs ? Bah je les ignore un peu. Je comprends que des jeunes
personnes se rêvent, et prennent ce raccourci qui, à
l'arrivée, n'est pas un raccourci, car tout le monde
méprise ces émissions et ça reste comme une marque sur
soi. Mais la télé, la courte gloire immédiate.... Ils
sont jeunes ou cyniques, veulent peut-être profiter d'un
système qui se moque d'eux, en fait. C'est un peu triste
et vain.
Si tu étais invitée sur le plateau de Star Academy,
irais-tu ? Je ne sais pas. Peut-être. Le problème est que tout
est mélangé.... Le besoin de communiquer, d'informer
qu'on a fait un disque, et que les gens entendent notre
chanson. Et puis le côté putassier de la promo, passer
n'importe où, n'importe comment. Pour moi, il n'y a pas
de honte à chanter sa chanson, on peut rester soi-même.
J'espère! Mais je crois que je ne suis pas sur la liste
des invités.
Il y a une biche qui se balade un peu partout sur tes
espaces. Que représente-t-elle ? Ah ma biche!!! Eh bien pour moi, c'est la pureté
qu'il nous reste. La peur aussi, l'effroi, la fragilité
face aux autres, la toute petite chose, belle,
émouvante, quelque chose qu'il faut préserver.
Est-ce que tu te lèves tous les jours avec le courage
d’en découdre ? Finalement oui. il y a des jours plus down que
d'autres, bien sur, mais je sens que je suis pleine
d'énergie, de ressort, et d'envie. C'est ça qui était
le plus difficile à vivre avant de faire cet album, c'est
que ce ressort était un peu cabossé et totalement
ignoré, dénié.
On a évoqué la scène française mais quelle est ta
dernière émotion musicale ? Le chevalier à la rose de Strauss;
j'ai entendu ça l'autre jour sur France Musique et il y a un passage super beau. Le truc, c'est que la
musique classique accroche notre oreille d'une autre
façon, plus inconnue. J'aime aussi Antony & the
Johnsons, l’album Michigan de Sufjan
Stevens et The Guillemots !
Discographie
Jil Caplan (albums)
Derrière la
porte (Odéon / EMI, 11 juin 2007)
Comme elle vient (East
West France / Warner, 2004)
Gueule d'Amour (EP éponyme 6 titres, East West, 2003). Ma gueule
d'amour était un duo formé Doc Pilot
(guitariste de X Ray Pop).
Née
le 23 octobre d'une année qui vit le
ciel, le soleil et la mer d'un
certain François Deguelt devenir le tube de l'été, Jil Caplan débarque vingt ans plus tard dans le monde très
mouvant de la pop musique française avec un
premier album fabriqué avec peu d'argent. Son
titre : A peine 21. Réalisé sous la
houlette de Jay Alanski, artiste
ombrageux et auteur notamment en 2003 d'un opus
baptisé Les Yeux Crevés,
A peine 21 révèle une foultitude de tubes : Oh
tous les soirs, Comme
sur une balançoire, Cette
fille n'est pas pour toi, etc.
Comme
sur une balançoire (hit extrait de
A peine 21 ) - Vidéo
réalisée par Jay Alanski, Jil
Caplan et Bernard Cavalier.
Jil et Jay
oeuvreront ensemble jusqu'en 1993. Jusque là,
ils publieront deux albums : La
charmeuse de serpent (en 1990) - qui
propulsera Jil et fera d'elle la lauréate de la
catégorie Meilleure Révélation Féminine des
Victoires de la musique 1992 - et Avant
qu'il ne soit trop tard (en 1993).
Tout
ce qui nous sépare (hit extrait de
La Charmeuse de serpent)
Natalie
Wood (hit extrait de La
Charmeuse de serpent) - Vidéo
réalisée par Jil Caplan et Frédéric
Touchard.
Ensuite Jil
travaillera sans Jay Alanski (parti se ressourcer
en fondant A Reminiscent Drive).
Elle proposera successivement un
album éponyme, puis Toute Crue et Comme elle vient, tous deux sortis dans
les années 2000.
vidéo de Le
lac (titre extrait de l'album Toute
crue ).
Entre temps,
l'artiste aura beaucoup voyagé, ouvert un blog
et se sera offerte une petite parenthèse au sein
deGueule d'amour, duo auquel participera Doc
Pilot.
vidéo de Ma Gueule d'Amour
(titre extrait du ep Gueule d'Amour)
réalisée par Jil Caplan.
En 2007, Jil et
Jay se retrouvent. En juin de la même année
sort le très joliDerrière la porte.