The AuthorsIl aura fallu un titre, le très soutenu et efficace Where are we going pour être convaincu du potentiel de The Authors. Et pour attiser notre curiosité. The Authors est pour l’heure un duo basé à Montréal et composé de Pierre-Olivier Papineau et de Keven Carrière. Les deux garçons - qui n’en sont pas à leur première expérience dans le monde agité du rock – vivent leur nouvelle aventure en gardant la tête froide et en misant sur le long terme. C’est en tout cas ce que confirme la petite interview qui suit… [mai 2006 - photo : Marc-Antoine Charlebois ]


Pierre, peux-tu nous parler de No Code et de Aquaplane (ex-Soulsquare) ? PO : No Code était un hommage à
Pearl Jam. On faisait des reprises dans les bars de la province du Québec. Je jouais de la guitare et je faisais des back vocals.
J’ai participé au projet de Soulsquare, mais pas à celui d'
Aquaplane. En fait, Soulsquare était un groupe rock en anglais. Nous avons enregistré un album autodidacte en 2002 et ensuite on a fait quelques concerts dans des salles de Montréal. Or, c’est là que j’ai commencé à faire mes premiers spectacles en présentant mes propres chansons.

Pourquoi as-tu décidé de quitter Aquaplane ?
PO
: Soulsquare avait décidé de se tourner vers le français. Moi, je ne voulais pas faire de rock en français, car je préfère le rock anglophone. De plus, je caressais le rêve de devenir chanteur et de composer des chansons qui me représentaient davantage. Les relations étaient tendues aussi à cause du déviationnisme de chacun. Les autres avaient leurs objectifs et j’avais les miens. La séparation était inévitable.

No Code était un groupe dédié à Pearl Jam. Ecriviez-vous des chansons dans la veine de celles du groupe d’Eddie Vedder ou repreniez-vous leurs titres ?
PO
: On reprenait uniquement leurs titres.

Qu'est-ce qui t'a tant séduit dans ce groupe ? Que penses-tu de son engagement ?
PO
: Pearl Jam est un groupe qui a marqué ma jeunesse. J’aime la voix de Eddie Vedder, l’engagement dans les textes. J’aime les prestations live du groupe, j’aime les guitares, le côté garage et leur côté unique. J’aime également  leur vision. Pas de vidéoclip, pas d’extrait à la radio, ils font ce qu’ils aiment, ils font ce qu’ils veulent. Ce n’est pas un groupe commercial.

No Code a-t-il croisé Pearl Jam un jour ? Sur une scène ou à une autre occasion.
PO
: Non. Par contre je les ai vu en spectacle 3 fois à Montréal. C'est un très bon groupe.

Pour quelle raison le groupe s'appelait-il No Code ? Est-ce parce que c'était votre album préféré ?
PO
: Non, franchement, il n y a pas de raisons particulières.

Keven, peux-tu nous parler de Human Breed ?
Keven
: On a commencé en 97-98 par un groupe punk qui était formé avec d'autres membres à l'exception de Hugo et moi (membres fondateurs). J'étais chanteur, nos compositions étaient très influencées par les suédois tel que Randy, Satanique Surfer, Millencolin, nfaa... Ensuite nos goûts ont changé. J'écoutais beaucoup Converge, Cave in, Zao. Donc, les chansons devenaient de plus en plus métal. Nous avions décidé de refaire notre répertoire et devenir Hardcore pour ensuite changer de nom pour
Human Breed. Nous avons enregistré un démo en 1999 et notre premier album en 2001. Il a été réalisé par Pierre Rémillard (Cryptopsy, Anonymus, Vulgaires Machins, Dany Bédard...) sur l’étiquette Tuned to you recordings

En étais-tu le leader ?
Keven
: Oui, je composais presque tout et m'occupais des shows, de la promo, du site, des t-shirts, des pochettes, etc...

Human Breed est-il toujours actif ?
Keven : Pas actuellement. Mais qui sait, peut-être qu'un jour nous reviendrons ensemble.

Pour quelles raisons avez-vous décidé de créer The Authors ?
Keven
: Pour faire la musique ensemble.
PO : Je voulais faire des spectacles avec ma musique et réaliser mon rêve de chanter au sein d’un groupe. De plus, je voulais bâtir quelque chose par moi-même, développer l’idée que j’avais en tête. J’avais un plan dans ma tête pour ce qui est de la composition, de l’ambiance que je veux donner aux spectacles, aux façons de composer. Je voulais aussi créer une bonne ambiance dans le groupe, je voulais qu’il y ait une chimie, un confort, un bien-être. Je crois que j’ai réussis ma mission. Je me suis écouté en respectant mes concepts et maintenant The Authors est une belle expérience qui possède de belles années devant elle.

Comment se passe le processus de création au sein de The Authors ? Qui compose ? Qui impose ? Etes-vous un duo démocratique ?
Keven
: Cela se passe démocratiquement, et tout dépend des chansons. Certaines c'est moi qui les compose, d'autres c'est Pierre-Olivier. Mais nous finissons les chansons à 2 afin d’avoir le plus d’idées possibles.
PO : C’est 50/50 pour la musique, et pour les paroles c’est moi pour l’instant. Mais on fait tout. On a fait les pianos, les guitares, les basses, la batterie et je fais la voix. On demande à des personnes de venir enregistrer les tracks de drum ou de basse, mais on fait les prés production en entier de A à Z.

Vous allez proposer prochainement un premier ep. Dans quelles conditions l’avez-vous enregistré ? Est-il autoproduit ?
Keven :
Nous avons fait tout nous même, comme la démo précédente. Nous n'étions simplement pas comblés par la démo, nous avions d'autres chansons à enregistrer.
PO : On a investi de l’argent pour le studio, on fait le mastering nous même. C'est clair qu’on n’a pas un son au top niveau, mais on ne veut pas se ruiner non plus. On veut faire le mieux possible avec les moyens disponibles. Parfois, il faut être réaliste, la débrouillardise est très utile aujourd’hui. Les ordinateurs nous aide énormément.

Sera-t-il commercialisé ?
PO
: Pour l’instant, il ne l’est pas, mais soyons optimiste.

La scène musicale indépendante canadienne était-elle très structurée ? Les groupes comme le votre ont-ils un soutien fort ?
PO
: Non, on fait tout de manière autodidacte. On paye tout de notre poche, on s’est constitué une liste de contact, on paye la duplication, le studio, les affiches, on fait notre pub sur myspace, on trouve des contacts à l’étranger comme vous et on se débrouille carrément seul, mais c’est pas grave, c‘est ce qui rend notre aventure intéressante. Chaque petite nouvelle est une victoire pour nous. Le fait de faire une entrevue dans un media français alors qu’on n’a même pas donné un spectacle dans notre propre ville nous excite beaucoup. De plus, on a eu un article à Vancouver grâce à MySpace. Le monde internaute est puissant et les gens veulent découvrir et nous sommes heureux de pouvoir compter sur cette vague qui déferle grâce à internet.

Avez-vous des contacts avec des labels ?
PO
: Pour l’instant non, on ne veut pas faire semblant d'être sur le point de signer un contrat. On est positif, on voit le tout à long terme.

Where are we going? est un morceau très solide pour faire un hit. Passe-t-il en radio ?
PO
: On est content de la réaction, surtout qu’on est encore un groupe très underground et très méconnu du public. On n’a jamais fait de spectacle, mais au moins on se fait un nom tranquillement et on reçoit de bons commentaires sur Myspace. On vise le long terme et on croit que la simplicité, l’intégrité et l’authenticité sont de bonnes voies à suivre pour réussir dans le monde de la musique.
Pour répondre à la question, il ne passe pas dans les radios pour l’instant.

The Authors se sont-ils déjà produits sur scène ? Allez vous épaissir l'effectif pour assurer vos concerts ?
PO 
: Oui, on compte être 5 ou 6 pour les spectacles. On planifie les samples, on veut prendre un batteur, un keybord-pianiste et un bassiste. Keven va faire la guitare et le piano et moi la voix-guitare-piano.

Pourquoi avoir appelé votre groupe The Authors ?
PO 
: Pour aucune raison précise.

Quels sont les disques que vous avez aimés ces derniers mois ?
PO 
: Il y en a tellement. J’aime beaucoup le dernier The Cardigans, Plans de Death Cab For Cutie, Fichersponner, Mutemath, Flaming lips, The Stills et Ray Lamontagne.

Discographie The Authors
Ep 2006  (autoproduction)
Démo 2005  (autoproduction)
Sites :
The Authors
The Authors Years sur MySpace
Voir aussi:

attica webzine 2003-2006

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