Chronique #1 - publiée le 02 avril 2006
 
C’est le retour de la chronique de Beecher.

Face à la pléthore de disques, la rédaction de ce vénérable ouébezine avait besoin de ma plume alerte et légère. Je me colle donc à ma première chronique électronique. J’ai pris au hasard dans la pile. Celui-ci, le hasard, fait bien les choses. Je veux dire par là que j’aurais pu tomber plus mal pour commencer. Alors qu’il pleut à verse.

Pumuckl ouvre donc le bal. Cela fait belle lurette que je dis qu’il faut s’intéresser de près au travail de ce monsieur. Tout jeune. Encore étudiant quand il ne travaille pas ses chansons. Qui a l’air d’avoir emprunté son nom d’artiste à un personnage des bandes dessinées d’Eli Kaut. Stéphane Lhérault alias Pumuckl a baptisé sa nouvelle œuvre Sommeil léger. Titre trompeur. Enfin je veux dire que son disque ne plonge pas l’auditeur dans les larges bras de Morphée. Ce qui est sûr c’est que le musicien a mis de l’eau dans son mysticisme. La ligne est devenu plus claire. L’artiste trouve avec Sommeil Léger sa dimension pop. Pumuckl n’est plus désormais à ranger uniquement dans le grand tiroir des productions post-rock. Avec Sommeil Léger Pumuckl rend aussi définitivement hommage au petit groupe originaire de Basildon. Depeche Mode affleure de façon récurrente dans les chansons de l’artiste. Là, il s’approprie courageusement le superbe It doesn’t matter. Ce morceau semble être la clé de voûte de cet opus gracieux. De lui ont germé quelques idées pour parfaire les autres titres du disques. L’artiste l’écrit lui-même dans son blog. Ce qui frappe aussi c’est la qualité technique de l’enregistrement. Pumuckl est un artisan brillant. Qui pourrait tenir la dragée haute à d’autres. Sommeil Léger, ombrageux opus, inquiétant parfois (l’auto flagellant Remords) , est l’une des démos les plus abouties entendues au cours de l’année passée.

J’enchaîne, alors que ciel s’éclaircit, avec le premier quatre titre éponyme d’Hijodata. Là, j’accroche plutôt bien au premier titre. Le dernier objectif. Grosse rythmique. Grosse ambition. Je perds un peu le contact avec le trio dès le titre suivant. Chant en espagnol, voix maniérée. J’entends Nilda Fernandez. Oups. Même si la mélodie électro-pop accroche l’oreille. En fait, je crois que le groupe voudrait peut-être empiéter sur les terres des anglais de Muse. Hijodata finira pas se perdre en route avec les deux morceaux suivants…

Je file dans des contrées plus abstraites. Celles empruntées par la musique de Thomas Bel. Tout  en arpèges et réverbérations. C’est sur Abstract Evening que le musicien, originaire de Tournefeuille, exprime son savoir-faire. Alors bien sûr on pourrait évoquer toute la généalogie post-rock pour identifier le travail de Thomas Bel. Seulement écrire que ce disque est l’idéale bande-son pour accompagner une balade contemplative. Pour filer doux à travers les sentiers lumineux. Voilà.

Continuer alors que l’embellie se confirme côté météo. Avec la nouvelle signature de Recall. Un homme et une femme project. La réalisation noisy d’un trio parisien. Sur La Seconde le groupe dévoile son penchant pour les guitares orageuses et les mots abruptes. Tout de suite on pense à Blonde Redhead. Peut-être Sonic Youth. Et puis Dominique A. Un mélange de tout cela. Mais sur la longueur, même si la distance est courte, La seconde finit par être répétitive. J’espère que l’album à venir (Alamera, sortie prévue le 29 mai chez Kitchen Music) saura effacer ce constat.

Clore cette chronique. Car il le faut. Avant de l’ouvrir à nouveau. Avec la démo d’enfants de l’Ouest. De vieilles connaissances en plus. Souvenez-vous de Spiderland. Pas l’album fondateur de Slint. Non juste un combo malin et influencé qui avait vu le jour à Douarnenez. Et qui devait pas mal au groupe mythique américain. Aujourd’hui c’est sous la bannière de Kaiser Palace que nous revient Gilles Colin et sa bande. La première démo éponyme du quatuor est assez impressionnante. Drôles de compositions déstructurées. Eclatées. Et Lumineuses. Je pense irrésistiblement à Broken Social Scene (et pas seulement à cause de la trompette). Mais je me rends compte que l’ombre tutélaire de Slint plane encore sur ce groupe, notamment sur Fake, l’ultime morceau de cette démo autoproduite. A suivre de très près.

Ainsi s’achève ma première revue. Bon vent.

Thomas Bel sur MySpace.
Un homme et une femme project sur MySpace.
La démo de Kaiser Palace est disponible pour moins de 3 euros chez Drunk Dog Shop

la sélection

Pumuckl ¬ Sommeil Léger [2005]

Hijodata ¬ Le dernier objectif [2006]

Thomas Bel ¬ Abstract Evening [2005]

Un Homme et Une Femme Project ¬ La seconde ep [2005]

Kaiser Palace ¬ Eponyme [2005]
 
 
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