C’est
le retour de la chronique de
Beecher.
Face à
la pléthore de disques, la
rédaction de ce vénérable
ouébezine avait besoin de ma
plume alerte et légère. Je me
colle donc à ma première
chronique électronique. J’ai
pris au hasard dans la pile.
Celui-ci, le hasard, fait bien
les choses. Je veux dire par là
que j’aurais pu tomber plus
mal pour commencer. Alors qu’il
pleut à verse.
Pumuckl ouvre
donc le bal. Cela fait belle
lurette que je dis qu’il
faut s’intéresser de près
au travail de ce monsieur. Tout
jeune. Encore étudiant quand il
ne travaille pas ses chansons.
Qui a l’air d’avoir
emprunté son nom d’artiste
à un personnage des bandes
dessinées d’Eli Kaut.
Stéphane Lhérault alias
Pumuckl a baptisé sa nouvelle
œuvre Sommeil
léger. Titre trompeur.
Enfin je veux dire que son disque
ne plonge pas l’auditeur
dans les larges bras de Morphée.
Ce qui est sûr c’est que le
musicien a mis de l’eau dans
son mysticisme. La ligne est
devenu plus claire. L’artiste
trouve avec Sommeil Léger
sa dimension pop. Pumuckl
n’est plus désormais à
ranger uniquement dans le grand
tiroir des productions post-rock.
Avec Sommeil Léger
Pumuckl rend aussi
définitivement hommage au petit
groupe originaire de Basildon. Depeche
Mode affleure de façon
récurrente dans les chansons de
l’artiste. Là, il s’approprie
courageusement le superbe It
doesn’t matter. Ce
morceau semble être la clé de
voûte de cet opus gracieux. De
lui ont germé quelques idées
pour parfaire les autres titres
du disques. L’artiste l’écrit
lui-même dans son blog. Ce qui
frappe aussi c’est la
qualité technique de l’enregistrement.
Pumuckl est un artisan
brillant. Qui pourrait tenir la
dragée haute à d’autres. Sommeil
Léger, ombrageux opus,
inquiétant parfois (l’auto
flagellant Remords)
, est l’une des démos les
plus abouties entendues au cours
de l’année passée.
J’enchaîne,
alors que ciel s’éclaircit,
avec le premier quatre titre
éponyme d’Hijodata. Là, j’accroche
plutôt bien au premier titre. Le
dernier objectif. Grosse
rythmique. Grosse ambition. Je
perds un peu le contact avec le
trio dès le titre suivant. Chant
en espagnol, voix maniérée. J’entends
Nilda Fernandez. Oups. Même si
la mélodie électro-pop accroche
l’oreille. En fait, je crois
que le groupe voudrait peut-être
empiéter sur les terres des
anglais de Muse. Hijodata
finira pas se perdre en route
avec les deux morceaux suivants…
Je file dans des
contrées plus abstraites. Celles
empruntées par la musique de Thomas
Bel. Tout en
arpèges et réverbérations. C’est
sur Abstract Evening
que le musicien, originaire de
Tournefeuille, exprime son
savoir-faire. Alors bien sûr on
pourrait évoquer toute la
généalogie post-rock pour
identifier le travail de Thomas
Bel. Seulement écrire que ce
disque est l’idéale
bande-son pour accompagner une
balade contemplative. Pour filer
doux à travers les sentiers
lumineux. Voilà.
Continuer alors
que l’embellie se confirme
côté météo. Avec la nouvelle
signature de Recall. Un
homme et une femme project. La
réalisation noisy d’un trio
parisien. Sur La Seconde
le groupe dévoile son penchant
pour les guitares orageuses et
les mots abruptes. Tout de suite
on pense à Blonde Redhead.
Peut-être Sonic Youth. Et
puis Dominique A. Un
mélange de tout cela. Mais sur
la longueur, même si la distance
est courte, La seconde
finit par être répétitive. J’espère
que l’album à venir (Alamera,
sortie prévue le 29 mai chez Kitchen
Music) saura
effacer ce constat.
Clore
cette chronique. Car il le faut.
Avant de l’ouvrir à
nouveau. Avec la démo d’enfants
de l’Ouest. De vieilles
connaissances en plus.
Souvenez-vous de Spiderland.
Pas l’album fondateur de Slint. Non
juste un combo malin et
influencé qui avait vu le jour
à Douarnenez. Et qui devait pas
mal au groupe mythique
américain. Aujourd’hui c’est
sous la bannière de Kaiser
Palace que nous revient Gilles
Colin et sa bande. La
première démo éponyme du
quatuor est assez
impressionnante. Drôles de
compositions déstructurées.
Eclatées. Et Lumineuses. Je
pense irrésistiblement à Broken
Social Scene (et pas
seulement à cause de la
trompette). Mais je me rends
compte que l’ombre
tutélaire de Slint plane
encore sur ce groupe, notamment
sur Fake, l’ultime
morceau de cette démo
autoproduite. A suivre de très
près.
Ainsi s’achève
ma première revue. Bon vent.
Thomas
Bel sur MySpace.
Un
homme et une femme project
sur MySpace.
La
démo de Kaiser Palace est
disponible pour moins de 3 euros
chez Drunk
Dog Shop |